🔥 EN CE MOMENT 🔥
L’Étrange Festival  |  Far East Film 2026  |  Hong Kong
Restaurations 4K  |  Cinéma coréen  |  Cinéma indien

🔥 EN CE MOMENT 🔥
L’Étrange Festival  |  Far East Film 2026  |  Hong Kong
Restaurations 4K  |  Cinéma coréen  |  Cinéma indien

Hong Kong – Destins Croisés : CinéFlamme, partenaire du Festival du Film Hongkongais de Paris 2026

par Frédéric Ambroisine | 8 Sep 2026 | Actualités, Événements, Festivals

Du 13 au 18 novembre 2026, le Festival du Film Hongkongais de Paris revient pour une cinquième édition qui fera dialoguer générations, époques et visages du cinéma de Hong Kong. Une édition que CinéFlamme est particulièrement heureux d’accompagner cette année comme partenaire média.

Le Festival du Film Hongkongais de Paris et moi, c’est déjà une petite histoire.

Bien avant la naissance de CinéFlamme, j’avais eu le plaisir d’être invité à plusieurs reprises par le festival pour accompagner certaines de ses projections et rencontres. Il y eut notamment, en 2023, cette mémorable conversation à distance avec Anthony Wong — acteur aussi passionnant qu’imprévisible — puis, lors des éditions suivantes, un échange avec Philip Yung autour de Papa ou encore une masterclass consacrée à Lau Ching-wan.

Visuel d'intro de la masterclass consacrée à Lau Ching-wan, lors de l'édition 2025 du Festival du Film Hongkongais de Paris.

Que CinéFlamme devienne aujourd’hui officiellement partenaire média du Festival du Film Hongkongais de Paris apparaît donc comme une suite assez naturelle. Le cinéma hongkongais occupe une place essentielle sur ce site, comme il accompagne mon travail depuis plus de vingt-cinq ans. Et le FFHKP poursuit de son côté un objectif auquel je suis particulièrement sensible : faire vivre le cinéma de Hong Kong dans toute sa diversité, sans le réduire à l’image — aussi glorieuse soit-elle — de son âge d’or.

L'édition 2026 du Festival du Film Hongkongais de Paris.

Pour sa cinquième édition, organisée du 13 au 18 novembre 2026, le festival investira le Cinéma Club de l’Étoile pour son ouverture, puis le Cinéma Saint-André des Arts. Son thème, « Hong Kong — Destins croisés », annonce précisément cette volonté de faire dialoguer les époques, les générations, les professions et différentes formes de cinéma. Longs métrages, courts métrages, œuvres patrimoniales, films récents et rencontres doivent composer cette nouvelle édition.

De Hong Kong à Paris : la naissance d’un festival

Le Festival du Film Hongkongais de Paris naît en 2022. Sa principale initiatrice, Lok Kan Cheung, vient elle-même du théâtre et explique avoir longtemps réfléchi à la manière dont la culture hongkongaise pouvait être mieux comprise hors de Hong Kong.

À l’origine, le projet devait d’ailleurs être tout autre.

“Au départ, je voulais organiser une production théâtrale. Mais le théâtre implique tellement de difficultés pratiques et logistiques que j’ai commencé à me dire : est-ce qu’un festival de cinéma ne serait pas plus simple ? J’étais assez naïve à l’époque.”

À partir de la fin 2021, Lok Kan commence ainsi à évoquer avec plusieurs proches l’idée d’un festival de cinéma hongkongais à Paris. Le projet trouve un soutien permettant à une première édition de voir le jour en 2022. L’accueil du public lui fait alors comprendre que l’expérience mérite de se poursuivre.

L’année suivante, elle fonde avec Kenneth Yeung CUBE [C³], association culturelle qui prend désormais en charge le développement du festival. Lok Kan la définit simplement ainsi :

“CUBE [C³] est une plateforme culturelle qui crée des liens entre Hong Kong et l’Europe.”

Son ambition dépasse d’ailleurs le seul cinéma :

“J’ai fondé l’association afin d’offrir aux artistes hongkongais, qu’ils vivent à Hong Kong ou à l’étranger, une plateforme leur permettant de présenter leur travail, mais aussi afin d’encourager les collaborations culturelles entre Hong Kong et la France.”

L’idée est donc à la fois de faire connaître des artistes déjà établis, de donner une visibilité à des créateurs qui en disposent beaucoup moins à l’international et de favoriser les échanges entre Hong Kong, la France et plus largement l’Europe.

Chow Yun-fat dans le classique du polar de John Woo, Le Syndicat du crime (A Better Tomorrow, 1986), dont les scènes d'action ont été conçues par Stephen Tung Wai.

Ne pas enfermer Hong Kong dans son âge d’or

Le défi est particulier en France.

Le cinéma hongkongais y possède une aura considérable. Jackie Chan, John Woo, Tsui Hark, Wong Kar-wai, Chow Yun-fat, Sammo Hung, Ringo Lam, Johnnie To ou encore Wong Jing font depuis plusieurs décennies partie de l’imaginaire de nombreux cinéphiles français.

Mais cette passion peut aussi produire un paradoxe : Hong Kong reste parfois davantage perçu à travers les films que nous avons aimés dans les années 1980, 1990 ou au début des années 2000 qu’à travers ceux qui y sont réalisés aujourd’hui.

C’est précisément l’un des terrains sur lesquels le FFHKP a progressivement construit son identité.

À ses débuts, explique Lok Kan, il s’agissait beaucoup de montrer la pluralité de Hong Kong, au-delà de quelques images déjà solidement installées en France. Cinq éditions plus tard, cette ambition a évolué.

“Aujourd’hui, cependant, nous sommes passés d’une volonté de représentation à une volonté de dialogue.”

La formule résume assez bien ce que le festival est devenu. Il ne s’agit plus seulement de juxtaposer un classique, un film indépendant, une œuvre commerciale et le premier long métrage d’un jeune cinéaste, mais de réfléchir à ce que ces films peuvent se dire les uns aux autres.

“Un classique peut entrer en dialogue avec un film contemporain, et faire ainsi apparaître à la fois les continuités et les ruptures entre les générations.”

Lok Kan résume finalement sa conception actuelle du festival par une idée encore plus large :

“Le cinéma hongkongais est pluriel, en constante évolution et parfois contradictoire. Notre rôle n’est pas de simplifier cette complexité, mais de créer les conditions permettant à ces différentes voix de se faire entendre — et de dialoguer entre elles.”

Et c’est probablement là que le thème « Destins croisés » prend tout son sens.

Près de quatre décennies après A Better Tomorrow, Stephen Tung Wai se retrouve au cœur de Stuntman (Albert et Herbert Leung, 2024), où il incarne un ancien chorégraphe d'action confronté à un cinéma hongkongais et à des méthodes de travail qui ont profondément changé.

Stephen Tung Wai, ou regarder autrement des classiques que l’on croyait connaître

Parmi les premiers éléments annoncés pour cette cinquième édition figure ainsi un focus consacré à Stephen Tung Wai, l’un des grands artisans du cinéma d’action hongkongais.

Son nom est sans doute beaucoup moins immédiatement connu du grand public français que ceux de Jackie Chan, Sammo Hung ou Yuen Woo-ping. Pourtant, sa carrière s’étend sur plus d’un demi-siècle, comme acteur, cascadeur, réalisateur et surtout chorégraphe d’action. Il a notamment travaillé sur deux films qui appartiennent aujourd’hui au patrimoine mondial du cinéma hongkongais : A Better Tomorrow – Le Syndicat du crime de John Woo et As Tears Go By de Wong Kar-wai.

Les deux seront projetés lors du festival.

Le choix est particulièrement intéressant parce qu’il permet de regarder des œuvres extrêmement célèbres sous un angle moins habituel. Nous connaissons A Better Tomorrow à travers John Woo, Chow Yun-fat et son esthétique du heroic bloodshed ; As Tears Go By est généralement envisagé comme le premier long métrage de Wong Kar-wai. Mais dans les deux cas, Stephen Tung Wai est aussi l’un des hommes qui ont construit leur langage physique et leur violence.

Lok Kan explique que le festival souhaite ainsi déplacer légèrement le regard :

“Nous avons donc voulu déplacer le regard, des réalisateurs et des stars vers les chorégraphes d’action et les cascadeurs, dont les contributions sont souvent négligées.”

Et le rapprochement des films n’est pas arbitraire. Selon elle, Tung Wai ne reproduit justement pas une signature mécanique d’un film à l’autre : il invente une action adaptée au monde du cinéaste avec lequel il travaille. Chez John Woo, elle devient stylisée, dramatique et presque opératique ; chez Wong Kar-wai, elle est plus sèche, urbaine, spontanée et directement liée à l’impulsivité des personnages.

Le festival prolongera ce focus avec la rencontre « Derrière l’action : le cinéma d’action hongkongais », à laquelle je participerai aux côtés de la cascadeuse Maryline Vo, afin d’évoquer les métiers, les gestes et la transmission de cette tradition d’une génération à l’autre. Cette rencontre figure désormais dans la programmation annoncée par le FFHKP.

Nous y reviendrons évidemment beaucoup plus longuement sur CinéFlamme.

We’re Nothing At All (Herman Yau, 2026), choisi pour ouvrir la cinquième édition du Festival du Film Hongkongais de Paris.

Herman Yau pour ouvrir le festival

Autre film déjà annoncé : We’re Nothing At All, le nouveau long métrage de Herman Yau, ouvrira le festival le vendredi 13 novembre au Cinéma Club de l’Étoile. Une seconde projection est également annoncée le 18 novembre au Saint-André des Arts.

C’est un choix qui me réjouit tout particulièrement.

J’ai eu l’occasion de découvrir le film à Hong Kong au printemps dernier, puis de le revoir à Udine, et d’interviewer à cette occasion Herman Yau et Anson Kong. We’re Nothing At All compte à mes yeux parmi les très belles surprises du cinéma hongkongais de 2026.

À partir de l’explosion d’un autobus à impériale le jour de la Saint-Valentin et de l’enquête menée autour de plusieurs victimes, Herman Yau construit un film qui emprunte au thriller criminel tout en s’intéressant à des personnages relégués aux marges de la société. Le festival annonce Patrick Tam, Anson Kong et ANSONBEAN parmi les interprètes principaux.

Là encore, cette présence illustre assez bien l’identité que le FFHKP semble avoir trouvée : ne pas choisir entre cinéma populaire, cinéma de genre, préoccupations contemporaines et cinéma d’auteur.

Un festival, mais aussi un lieu de rencontre

Car le Festival du Film Hongkongais de Paris ne s'est jamais limité à projeter des films.

Les séances sont régulièrement prolongées par des débats, masterclasses et rencontres, physiquement ou à distance lorsque les cinéastes ne peuvent rejoindre Paris.

Et c’est une dimension à laquelle Lok Kan tient particulièrement :

“Pour moi, un film ne s’arrête pas au générique de fin.”

Lorsqu’un film hongkongais arrive devant un public français, rappelle-t-elle, il change aussi de contexte. Les discussions permettent de revenir sur sa fabrication, son histoire ou certaines réalités culturelles, mais l’échange fonctionne également dans l’autre sens : les questions du public français peuvent permettre aux cinéastes de découvrir la manière dont leur œuvre est reçue loin de Hong Kong.

C’est aussi ce que j’ai pu constater personnellement lors des éditions précédentes.

La conversation avec Anthony Wong en constitue probablement l’exemple le plus drôle. Il avait initialement annoncé qu’il disposerait d’exactement une heure. Puis il ouvrit une bouteille de vin français spécialement choisie pour discuter avec les cinéphiles présents à Paris… et, une heure et demie plus tard, c’est finalement lui qui n’avait plus envie d’arrêter la conversation.

Ce genre de moment fait évidemment partie de ce qui distingue un festival d’une simple succession de séances.

CinéFlamme partenaire du FFHKP 2026

C’est donc avec beaucoup de plaisir que CinéFlamme accompagne officiellement cette cinquième édition comme partenaire média.

Pas simplement parce que le cinéma hongkongais est l’un des axes majeurs du site, mais parce qu’une bonne partie de ce que cherche à faire le Festival du Film Hongkongais de Paris rejoint la raison d’être de CinéFlamme : parler des grands noms que nous aimons déjà, certes, mais aussi regarder ailleurs ; revenir sur l’histoire sans transformer celle-ci en mausolée ; mettre en lumière les artisans du cinéma autant que ses vedettes ; et surtout continuer à observer ce qui se crée aujourd’hui.

La programmation complète, les horaires et la billetterie doivent encore être dévoilés progressivement par le festival. À ce jour, Le Syndicat du crime, As Tears Go By, We’re Nothing At All ainsi qu’un programme de courts métrages intitulé Trajectoires d’Asie figurent parmi les premiers rendez-vous annoncés publiquement.

Et cette présentation ne constitue que le début de notre couverture.

L’équipe du Festival du Film Hongkongais de Paris lors de l’édition 2025. Cheung Lok Kan (deuxième à gauche) et Kenneth Yeung (à droite), cofondateurs de CUBE [C³], l’association qui porte aujourd’hui le festival. © 2025 Frédéric Ambroisine / CinéFlamme

Pour préparer cette cinquième édition, j’ai soumis à Lok Kan Cheung une longue série de questions sur la naissance du festival, son évolution, son travail de curatrice, les rapports entre patrimoine et cinéma contemporain, les difficultés très concrètes de la programmation et sa vision du cinéma hongkongais aujourd’hui.

Elle a pris le temps d’y répondre en profondeur.

Nous lui consacrerons donc prochainement sur CinéFlamme un grand entretien à part entière, avant de revenir également sur les coulisses de la programmation et, bien sûr, sur Stephen Tung Wai et l’histoire du cinéma d’action hongkongais.

Le festival n’a pas encore commencé. Notre voyage dans ses « Destins croisés », lui, peut déjà commencer.

Pour aller plus loin

Retrouvez toutes les informations sur la cinquième édition, la programmation et les prochains rendez-vous sur le site officiel du Festival du Film Hongkongais de Paris.

Pour suivre les activités de CUBE [C³], ses actualités et ses différents réseaux sociaux : CUBE [C³] sur Linktree.